«LE SECTEUR AGROALIMENTAIRE, UN PILIER INDISPENSABLE DANS UN QUÉBEC SOUVERAIN»
- STÉPHANE BERGERON
CIRCONSCRIPTION DE VERCHÈRES, le 8 décembre 2005 – À quelques jours de l’élection complémentaire du 12 décembre prochain, le candidat du Parti Québécois dans Verchères, monsieur Stéphane Bergeron, accompagné pour l’occasion du député des Îles-de-la-Madeleine et porte-parole de l’opposition officielle en matière d’Agriculture, pêcheries et alimentation, monsieur Maxime Arseneau, a insisté sur l’importance du secteur agroalimentaire pour le projet de souveraineté du Québec.
«La sécurité alimentaire, c’est l’affaire de tout le monde, des producteurs agricoles aux consommateurs, en passant par les transformateurs et détaillants. Cela dit, il importe de rappeler que la sécurité alimentaire repose principalement sur une agriculture saine et dynamique. Les gouvernements successifs du Parti Québécois, y compris à l’époque où Maxime Arseneau occupait les fonctions de ministre de l’Agriculture, des pêcheries et de l’alimentation, ont toujours pris en compte et démontré l’importance du secteur agroalimentaire québécois, particulièrement dans la perspective de la souveraineté du Québec. C’est d’autant plus vrai aujourd’hui», de préciser monsieur Bergeron.
Le candidat du Parti Québécois dans Verchères en veut pour preuve un incident récent auquel il avait assisté, alors qu’il occupait les fonctions de porte-parole du Bloc Québécois en matière de Commerce international et qui, selon lui, illustre la nécessité de réaliser la souveraineté du Québec pour le secteur agroalimentaire: «Le gouvernement canadien, lors de la Conférence de l’Organisation mondiale du commerce, tenue à Cancun, en septembre 2003, a indiqué qu’il était disposé à sacrifier le système de gestion de l’offre. Or, ce système original permet aux producteurs de lait, d’oeufs et de volaille de pouvoir disposer de revenus décents et réguliers, tout en garantissant l’approvisionnement continu du marché en produits de qualité, et ce à des prix raisonnables pour les consommatrices et consommateurs. Le Québec, à lui seul, est responsable de près de 40% de la production laitière canadienne. L’industrie laitière québécoise, qui regroupe plus de 8 000 producteurs, génère des recettes de l’ordre de 2 milliards de dollars, ce qui, d’ailleurs, représente environ le tiers de l’ensemble des bénéfices agricoles québécois et procure de l’emploi à quelque 60 000 personnes, de la ferme aux tablettes réfrigérées des dépanneurs et marchés d’alimentation.»
«Le passé étant généralement garant de l’avenir, de poursuivre monsieur Bergeron, c’est de mauvais augure pour les négociations qui débuteront d’ici quelques heures à Hong Kong... Dans le cadre fédéral canadien, le système de gestion de l’offre est virtuellement en sursis et son abolition aurait des conséquences catastrophiques pour notre économie et, plus particulièrement, pour notre secteur agroalimentaire.»
De son côté, Maxime Arseneau a tenu à exposer la politique du Parti Québécois à l’égard de la controversée question des porcheries: «Selon nous, les conditions harmonieuses pour la levée du moratoire ne sont pas au rendez-vous. Le gouvernement n’a rien fait pour améliorer l’acceptabilité sociale de cette production, qui, bien encadrée, peut répondre au principe de développement durable. Le moratoire avait été mis en place dans le but de permettre la tenue d’un vaste débat public au sujet des impacts environnementaux, sociaux et économiques pouvant découler de l’établissement de nouvelles porcheries. Or, ce débat n’a pas vraiment eu lieu. Le gouvernement libéral de Jean Charest a d’ailleurs ajouté l’insulte à l’injure en transférant la responsabilité de ce dossier aux municipalités, sans outil réel pour s’en acquitter convenablement.»
Pour le Parti Québécois, il importe par ailleurs de soutenir la relève agricole, notamment par le biais d’une politique de soutien, pour la taxation municipale, qui soit mieux adaptée à la réalité de ce secteur économique névralgique. «Le revenu des producteurs agricoles a fondu comme neige au soleil au cours des dernières années. Pour l’année 2003, la perte de revenu moyen s’élevait à quelque 50%. Au cours de l’année 2000-2001, le revenu moyen d’un producteur agricole était d’environ 16 997$ pour une semaine de 60 heures. Ramené sur un taux horaire, nous parlons d’un salaire de 5,59$ l’heure! Un sac de croustilles acheté 1,59$ au dépanneur ne rapporte que 10 cents au producteur de pommes de terre. Un verre de lait vendu 1,50$ au restaurant ne rapporte que 17 cents au producteur laitier. On comprend donc la frustration des producteurs agricoles, qui menacent de fermer leurs champs aux motoneigistes, cet hiver, si le gouvernement Charest continue de faire la sourde oreille à leurs revendications sur la question de la taxation municipale», de s’inquiéter Stéphane Bergeron.
«Dans une perspective d’une politique qui doit tendre le plus possible vers l’autosuffisance alimentaire et sur l’occupation effective du territoire, afin d’assurer la présence de communautés dynamiques et prospères, le gouvernement du Québec doit soutenir plus généreusement les producteurs agricoles au niveau de la taxation municipale. Une famille ne peut, à elle seule, supporter la valeur foncière d’une terre de plusieurs hectares sur laquelle sont construits de nombreux bâtiments. Nos producteurs agricoles font face à un contexte mondial où plusieurs États subventionnent largement leur agriculture et supportent activement l’exportation des produits qui en sont issus. Comment, dans les circonstances, pouvons-nous intéresser les jeunes à faire carrière dans ce secteur et assurer ainsi une relève agricole? Il faut nous pencher sans tarder sur ce problème sérieux et encourager l’innovation dans le secteur agroalimentaire, de telle sorte de favoriser sa compétitivité», d’ajouter monsieur Arseneau.
«Le monde agricole, de poursuivre monsieur Bergeron, est aux prises avec des problèmes sérieux qui nécessiteraient des interventions vigoureuses de la part de l’État. Or, le gouvernement libéral de Jean Charest n’a fait que réduire son soutien au secteur agricole depuis son arrivée au pouvoir. Pendant que les expositions agricoles crient famine, pendant que les consommateurs réclament en vain une politique d’étiquetage plus stricte, pendant que des chaînes d’alimentation à grande surface parviennent à contourner la Loi québécoise sur la couleur de la margarine, qui vise à protéger les producteurs laitiers, le gouvernement libéral, de son côté, ne trouve pas mieux à faire que de fermer le bureau régional du ministère de l’Agriculture, des pêcheries et de l’alimentation, conformément à sa vision réductrice du Québec, qui tente de nous convaincre à nouveau que nous sommes “nés pour un petit pain”…», de conclure le candidat du Parti Québécois dans Verchères.